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MARATHON NYC 2013 par Romain B.

MARATHON DE NEW YORK 2013

Par Romain B.

Mon compte rendu (très détaillé) du Marathon de New York !

J’ai enfin couru le Marathon de New York ! Après avoir participé à la loterie en 2010 et 2011 sans succès, je suis finalement tiré au sort en 2012 pour une épreuve qui sera annulé à 48h du départ suite à la tempête Sandy. Les organisateurs m’ont alors proposé une super offre pour 2013, me faire rembourser 2012 ou bien payer un second dossard à 350 euros et ne pas avoir à refaire la loterie, courir le Marathon de New York c’est vraiment priceless !

Départ de Paris le jeudi avec mon père qui court aussi (4h23), dans l’avion on croise Stéphane Diagana (3h02). Vendredi petit footing dans Central Park et récupération des dossards au Javits Center, une bonne demi-heure de queue avant d’entrer, c’est l’effet post-Boston : des portiques de détections de métaux ont été installé devant chaque lieu regroupant les Marathoniens (expo, pasta party, village de départ). Sur place j’aperçois une 2e idole d’enfance : Marie-José Pérec (4h51), l’expo est vraiment immense, la plupart des équipementiers sont présents.

C’est malheureusement inévitable à New York on marche… Le vendredi soir avant de me coucher j’ai déjà mal aux jambes, en regardant la télé locale et nationale, je me rends compte à quel point le Marathon est important ici, on ne parle déjà que de ça, la ville vit au rythme du Marathon. Ce n’est qu’à mon retour sur Paris que je comprendrais que ce petit sujet sur De Blasio concernait en réalité les élections pour la mairie de New York !

Samedi autre journée de visite, autre journée de marche Malto à la main. On grimpe en haut du Rockefeller Center et sa vue sur NYC à 360°, quand on voit le parcours de là ça fait très peur ! Le soir Pasta Party sans grand intérêt puis le grand cérémonial de préparation de la tenue, je fais confiance à Sylvain notre coach, pas de compression sur les mollets cette fois et puis ça rendra mieux sur les photos émoticône wink A 22h au lit car réveil le lendemain à 5h (avec +1h de sommeil grâce au changement d’heure).

Le parcours du Marathon de New York actuel est dessiné de manière à emprunter les 5 quartiers de la ville : Staten Island, Brooklyn, Queens, Manhattan et le Bronx. Le départ se fait au pied du Verrazano Bridge qui est tout au sud de la ville et il faut donc le temps aux bus de traverser le pont avant que celui-ci soit fermé pour la course.

A 6h donc une navette nous emmène sur le village de départ, après quelques embouteillages et de nouveaux portiques de sécurité nous voilà dans un espace grand comme 10 terrains de foot, stands de sponsors, tentes, buvettes, écrans géants à perte de vue. Mauvaise nouvelle il fait froid, on est passé de 23 degrés vendredi à 8 degrés dimanche matin. Il y a 3 lignes de départs et 4 vagues donc 12 départs en tout. Ayant annoncé 3h25 lors de l’inscription je me retrouve 1ère vague couleur orange. Les pros sont au départ bleu qui prendra la droite du pont, mon départ orange sur la gauche et le départ vert sur un niveau inférieur.

Une heure avant le départ je suis déjà dans le sas, donc pas vraiment de possibilité de s’échauffer, heureusement il y a quelques centaines de mètres avant la ligne ou j’en profite pour trottiner. Me débarrassant tardivement de mes vêtements en surcouche je me retrouve finalement juste derrière les meneurs d’allures en 3h30.

9h15 départ des pros femmes (on notera la 4e place de Christelle Daunay en 2h25), puis 9h40 un coup de canon marque le départ officiel sur un air de New York, New York de Frank Sinatra (c’est plus sympa que Era ;)), je marche un peu et 3 minutes plus tard c’est mon tour !

Le premier kilomètre est difficile puisqu’il s’agit de grimper le Verrazano Bridge (50m de D+ tout de même) tout en se faufilant entre les coureurs plus lents. Je rattrape le meneur d’allure de 3h30 et tous ses suiveurs qui prennent toute la largeur de la route. Ayant annoncé 3h20 comme objectif mon allure à respecter est de 4’45/km. La montée du pont m’ayant pris 5’14, je décide de me donner comme allure 4’40 sur le plat.

Au 3e kilomètre après une longue descente j’ai déjà chaud le soleil ayant fait une courte apparition. Finalement c’est un vent froid de face qui dominera les 70% de la course et qui me confortera dans mes choix de vêtements techniques. Kilomètre 5 j’ai déjà mal à des tendons qui me titillent depuis des mois, mais bientôt j’aurais suffisamment mal ailleurs pour les oublier complètement. Au km 7 j’aperçois un autre meneur d’allure, je me dis que j’ai rattrapé les 3h20 mais encore un 3h30 ! Du 2e au 13e Km, je suis une vraie horloge, j’enchaine les 4’40 au km à ma Garmin (ici les kms ne sont marqué que tous les 5, mais j’ai un bracelet qui m’indique les temps de passage mile par mile). Ce 13km (mile 8 ) marque pour moi le moment de la course ou je suis enfin dans le temps prévu 3h20 (soit 1h01 à ce moment). La mauvaise nouvelle est que pendant tout ce temps j’ai couru à 195 pulsations minute de moyenne, alors que normalement je devrais être à 180-185 à mon allure Marathon (195 ça correspond à mes BPM sur semi, oui je sais ça va vite, il parait que j’ai un petit coeur émoticône wink ).

Depuis la fin du Verrazano Bridge nous courons sur des avenues très larges de Brooklyn, mais au Km 13 une petite montée étroite sur Lafayette Avenue permet de sentir la ferveur des supporters, tout le monde crie et agite des cloches distribuées par l’organisation un peu plus tôt. Ça reste étroit pendant plusieurs kilomètres sur Bedford Avenue et j’en profite pour retirer mon baladeur MP3 et profiter de l’ambiance.

Dans le Queens je passe au Semi-Marathon en 1h41’38, un peu en retard sur l’objectif et n’ayant pas couru plus que cette distance en 2013 je me dis qu’il faut oublier le negative split surtout avec mon cardio, si je peux finir en 3h25-3h27 ce serait déjà énorme ! Le km 24 marque la seconde grosse difficulté du jour : le Queensboro Bridge qui relie le Queens et Manhattan au niveau de la 60e rue. J’avoue que ce petit kilomètre et ses 40m de D+ m’ont achevés, quand je pense aux traileurs j’ai honte ! Le sommet du pont marque le km 25, j’en profite pour faire une première marche et quelques photos de Manhattan puis je repars à un rythme plus sage 5’/km.

On m’avait prévenu que l’entrée de Manhattan serait un moment particulier, plutôt que de commenter je vous laisse découvrir la vidéo jointe que j’ai fait à ce moment là !

La suite de la course ressemble plus au récit de Charles à Amsterdam, en gros du 26e au 31km on suit la 1ère avenue, une longue ligne droite avec de nouveaux faux-plats qui cassent les jambes et des numéros de rues qui augmentent du 60 au 140 quand on sait qu’on doit revenir à la 60ème : c’est très dur mentalement ! Au 27e je suis rattrapé par Tommy le meneur d’allure des 3h30 que j’avais doublé au 7e, je le suis 1km et finalement c’est le mur. Heureusement il y a des ravitaillements tous les miles, au début de la course j’en prenais 1 sur 3, au 27e 1 sur 2, puis bientôt 1 sur 1 !!! Contrairement à Paris pas d’aliments, juste du Gatorade et de l’eau, heureusement que j’avais ma ceinture de gels, je m’en sépare d’ailleurs au 30e Km, je serai plus léger comme ça. Pas de bouteilles non plus mais des gobelets et comme je suis complètement mort et que j’ai pas envie d’en perdre une goute, je marche aux ravitaillements.

Après un court passage par le Bronx nous voici de retour sur Manhattan par la 5e avenue, je traine alors 2 jambes de pirates mais c’est de nouveau plat et les numéros de rues diminuent. Au 35e je fais mes calculs, si j’accélère un peu je peux passer sous les 3h40 et battre mon record de Paris en 2010 ! Arrivé au pied de Central Park ça monte, mais il ne reste que 5kms je suis alors en 5’30/km dans la montée mais j’ai l’impression de voler, je double tout le monde, ça va le faire !

On rentre dans Central Park au niveau de la 90ème rue, c’est vallonné mais le public est de nouveau très présent, j’accélère jusqu’à revenir en 5’/km. Puis sortie sur la 60e et derniers 500m dans le parc, je passe devant 2 potes New Yorkais en « sprintant » (en réalité ils diront que ça n’allait pas très vite ;)), au final 3h39’50, soit 2 secondes de plus qu’à Paris en 2010 (incroyable pour mon 2e vrai marathon, j’avais du finir Paris en marchant en 2012 suite à une fracture en course), mais pour un parcours nettement moins roulant je ne suis pas trop déçu du temps et surtout heureux d’en avoir fini (263m de D+ à ma Garmin, le premier fini en 2h08’24 contre 2h03’02 à Boston).

Retour en métro, les gens me félicitent, mon père qui était vague 3 m’appelle après la ligne d’arrivée, « par contre Romain je te préviens c’était le dernier pour moi », il s’est réinscrit mercredi au Marathon de Paris. La ville vivra encore au rythme du Marathon jusqu’à mon départ lundi, les news parlent des belles histoires de la course, meilleurs temps pour les Kenyans Mutai (déjà vainqueur en 2011) et Jeptoo (600k$ de prime pour cette dernière qui remporte en même temps les World Marathon Majors series), la dernière place de Jimmy Jenson en 10h17 premier coureur atteint de trisomie 21 à finir le Marathon de NYC ou encore Joy Johnson 86 ans, 25e Marathon de New York qui décédera le lendemain dans son sommeil à la suite d’une chute en course (pour des fondus de course comme nous on ne peut pas rêver d’une meilleure fin !). Dans NYC les gens arborent leur médailles, quand on me voit marcher avec difficulté on me félicite !

Voilà maintenant je suis fauché mais j’ai réalisé mon rêve de coureur sur route : j’ai participé au Marathon de New York, qui suite aux reports d’inscriptions de l’année dernière est à ce jour le plus grand Marathon qui n’ait jamais été organisé avec 50111 arrivants. Un peu de repos et je reviens m’entrainer avec vous prochainement, car 2014 marquera un nouveau grand défi pour moi : l’Ironman de Zurich au mois de juillet !!!


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